mardi 20 avril 2010

Un peu de fraîcheur

Avant de vous narrer le Summer Camp, il me semble nécessaire de vous expliquer le pourquoi du comment.

Sachez que à Tokyo, en plein été les températures sont équivalentes à celle que l'on peut avoir sur la Côte d'Azur à la même période. Une différence cependant : l'humidité. Cette caractéristique peut paraître anecdotique mais en avoisinant de façon continue les 100% (seuil au-delà duquel des gouttes d'eau se forment spontanément dans l'air), la température ressentie augmente de 10°C (en moyenne) par rapport à la température réelle.

Autrement dit, imaginons le scénario suivant : vous vous levez, il fait beau, il est 8h du matin. Un rapide petit déj', une douche limite froide, vous voilà frais comme un gardon pour vous rendre au travail. Vous franchissez le seuil de la porte d'un pas nonchalant, vous arrivez au coin de la rue et BAM ! Ça y est vous transpirez ! Ne croyez pas que j'exagère : en 30 secondes top chrono, à l'ombre avec un courant d'air et sans bouger, vous commencez déjà à suer.

Adieu le Mennen ultra efficace qui garde les pompiers au sec, exit le Axe qui fera en sorte qu'une foule de jolies japonaises en uniforme d'étudiantes viennent se frotter à vous dans le métro : rien ne marche. Alors passé quelque jours, on supporte et on accepte, résigné.

En parlant de résignation et pour continuer dans la lancée spirituelle du précédent post, sachez que l'été au Japon m'a poussé tout naturellement vers un contrôle de moi hors du commun. Car, qui dit chaleur + humidité dit MOUSTIQUE ! Et sans me vanter je dois avoir un sang au goût de foie gras ou quelque chose du genre : pas de soucis pour vous, tant que je suis là vous ne vous ferez pas piquer (Céline pourra témoigner). Un soir pour rire on a compté : 30 boutons en une soirée juste sur les mollets O_0... Qui plus est, les moustiques japonais font des boutons qui gonfle tout de suite et démangent pendant à peu près une semaine. J'ai donc rapidement développé une totale maîtrise façon maître zen "quoi ? des boutons qui grattent ? non j'vois pas"...

Bref tout ça pour dire que si vous souhaitez visiter le japon préférez la le printemps et ses Sakura (mars-avril) plutôt que l'été et sa chaleur étouffante. De ce constat est née une sorte de tradition dans l'équipe du Professeur Inamura où je suis en stage : un Summer Camp ! Ouuuh que ça frétille dans les oreilles ! Un séjour à la fraîcheur de la montagne, tous frais payés au centre du Japon, loin de la capitale. Et en prime : premier voyage dans le mythique Shinkansen !


Le Shinkansen c'est le TGV Japonais, à une grande différence près : comme a peu près tout au Japon, IL EST À L'HEURE ! Je dirais même à la seconde. Pour avoir usé d'autres moyens de locomotion type bus ou train classique, c'est très rapide, très confortable mais aussi très cher. M'enfin c'est le boulot qui offre alors profitons-en !

Nous arrivons donc très rapidement à Karuizawa. Visiblement station de ski l'hiver, à en juger par les remontées présentes sur la montagne, le paysage est très vert et l'air est agréable. On sent que c'est avant tout un lieu de vacances, parsemé de maisons secondaires où les riches propriétaires viennent fuir la ville. Il en résulte une atmosphère détendue. Oh et si comme moi vous croyiez que les chasses aux papillons et libellules n'existaient que dans les mangas et dans Zelda, sachez que point du tout !


Le temps de louer 2 bicyclettes et nous partons pour le supermarché faire quelques courses. Étant 9 pour 2 vélos, il a fallu choisir et c'est suite à une écrasante victoire au jankenpo (pierre/feuille/ciseaux) que j'ai mérité le droit de pédaler au lieu de marcher. Ça ma permis de m'arréter régulièrement pour prendre des photos des fleurs et de rattraper la troupe en quelques coups de pédales.

Nous arrivons au supermarché et achetons tout le nécessaire : biiru (bière), nihonshu (saké), chuhai (soda alcoolisé), mizu (eau), niku (viande), sakana (poisson), yasai (légumes), kudamono (fruits) et que sais-je encore car ce soir nous aurons droit à un barbecue ! Notez au passage les formats de canettes de bière d'un litre et d'un litre et demi ^^ !


Ça y est nous reprenons la route et nous enfonçons dans la forêt, bordée de superbes maisons, dont le pavillon qui nous accueillera durant ces 2 petits jours...




En fait, pour tout vous expliquer, cette propriété à été léguée par le premier directeur du NII et sert maintenant de maison de vacance pour le labo. Autant dire qu'on le remercie grandement !
J'hérite d'une chambre double avec K qui est pourvue d'une super salle de bain traditionnelle en bois, d'un petit salon avec écran plat, et même d'un balcon! SU-GOI !




Outre la petite dizaine de chambre on trouve un grand hall avec écran plat, une salle de réunion avec rétroprojecteur, une salle à manger , une terrasse et un grand jardin avec un kiosque tout mimi ^^ !



Une fois passées la découverte des lieux et l'euphorie qui l'accompagne place au travail. Eh oui on est quand même au boulot faudrait pas l'oublier, quoi que... Nan on verra ça plus tard. L'objectif de ce séminaire est de partager des connaissances, quelles qu'elles soient, du moment que c'est lié un minimum au taf. Des logiciels qui vont bien, un algorithme qui déchire, une méthode qui a fait ses preuves. On passera donc tous un par un pour parler de ce qui nous chante avec notre powerpoint tout beau préparé pour l'occasion.

Seulement... ben... comment dire...? ah oui : qu'est-ce qu'on se fait chier !! On note 2-3 idées intéressantes, on pose quelques question mais on s'ennuie sévère et les accents anglais de certains finissent de nous ensuquer. Mais là encore notre directeur favori a tout prévu. À l'approche d'un coma prononcé il déclare que nous poursuivrons demain ! Alleluia ! Mais alors que faire ?



Prof. Tetsunari Inamura est un roboticien passionné par tout ce qui touche la relation entre l'homme et le robot, par les interfaces que l'on peut créer entre les deux pour que la communication soit la plus naturelle possible. Aussi m'avait-il par exemple encourragé à faire en sorte de piloter le robot segway à l'aide d'une Wiimote de Nintendo. La sortie récente du Wii Motion plus ne l'avais pas non plus laissé de marbre et il comptait bien s'en servir pour détecter des mouvements précis synonymes d'ordres pour le robot. Un peu comme à Marineland quand les dresseurs font coucou de la main et que le dauphin salue la foule si vous voulez...

Bon vous me voyez venir : oui ! Il a ramené sa Wii avec Wii Sport Resort et les Wii Motion plus qui vont bien !! Tout ceci dans un but purement professionnel bien sûr... oui oui...

5 minutes plus tard, branchement et tutoriel compris, on se lattait la tronche a coup de Wiimote, on pagayait sévère et c'est tout en sueur que nous avons fini l'après-midi ! Même le prof (qui a comme beaucoup de Japonais fait du Kendo) se prend au jeu et se déchaîne !! (cliquez pour avoir les vidéos)


Eh bien mine de rien, il se fait tard et autant dire qu'on a pas transporté la boustifaille pour des clous alors après s'être dépensé, à table pardi !


Encore une fois le barbecue à la Japonaise est bien plus diversifié que le nôtre. On fait cuire tout ce que l'on veut sur cette plaque : viande, poisson, crustacés, potirons, ognions, et meme de l'ananas. On finit par les nouilles qui viendront récupérer les saveurs de ce qui a précédé. L'air se sature vite en huile et le fait de voire les gouttes en apesanteur dans l'air incite à s'éloigner un peu pour déguster et boire un coup au frais. L'air est si bon ^^ !



Le lendemain, pas de changements si ce n'est que les présentations ont un arrière goût de bâclé et que cette fois c'est carrément le projecteur de la salle de réunion qui recevra la Wii !! Le son est même diffusé - pour une obscure raison - dans toute la maison. De mon coté je voulais prendre un bain dans notre super baignoire (il y avait même des planches pour recouvrir la baignoire une fois installé et pouvoir poser des choses dessus =D), n'ayant eu le temps que d'une douche la veille, mais nous devons déjà rendre les clés de nos chambre. Snif. Tant pis, je fais un tour du proprio en vidéo et je retourne jouer avec les autres.



J'aimerais maintenant adresser un message tout particulier à tout ceux qui ont toujours dit que les jeux vidéos ne servaient à rien, poussaient à la violence et abrutissaient nos marmots : foutaises (sachez que mon dégoût prononcé pour les gros mots m'empêche d'en dire plus mais mon indignation en reste insatisfaite)! En effet après avoir joué à ce jeu qu'aucun de nous ne connaissait, j'ai été nommé roi du méta-learning (comprenez "apprendre à apprendre") ! Il va sans dire que c'est mon expérience des jeux vidéos qui m'aura aidé dans cet accomplissement professionnel et que jamais la prépa ne m'aurait préparé à mettre une branlée à mes collègues à la Wii ! Ça, c'est dit !



C'est ainsi que s'achève notre Summer Camp. En un coup de shinkansen nous serons de retour à Tokyo, mais pour moi le voyage ne s'arrêtera pas si tôt car c'est le week-end et j'ai tout juste le temps de passer mon sac avec le pc à Ryo à la gare pour qu'il le ramène à la guesthouse et je repars aussi sec à Shinjuku pour prendre un bus de nuit qui m'emmennera chez mon pote Jo à Hiroshima !

À suivre ;)...



Et voilà le diapo :

lundi 22 mars 2010

Dernière ligne droite pour Céline

Il a été décidé par moi et moi seul de concentrer un peu le tir sur cette dernière partie. Fuji est dorénavant coché sur notre liste de choses à faire et il ne nous reste que quelques petites destinations à visiter que ce soit pour le tourisme ou pour shopping exclusif !

Question shopping on va faire dans l'efficace... Tout d'abord Odaiba parce que c'est trop beau et qu'il y a plein de magasins de fringues styles surf-shop. Au passage on découvre la galerie au ciel parsemé de nuages du plus bel effet :



Puis on est allés quelques jours plus tard à Akihabara pour trouver de petits cadeaux rigolos, se mêler à une population pour le moins hétéroclite et vadrouiller un peu dans les rayons d'électronique de l'imposant yodobashi, avant de s'offrir un succulent hamburger agrémenté de frites croustillantes chez Becker's :



Et enfin on est retournés à Harajuku pour toujours plus de fringues et surtout trouver un beau Yukata (kimono d'été) pas trop cher. C'est chose faite et ça mérite bien un bon ramen !




Donc le shopping c'est bon, on a fait le tour... Mais on a aussi pris le temps de visiter quelques derniers endroits, à commencer avec la fameuse Tokyo Tower (prononcez "Tokyo Tawaa" pour le dire à la nippone) qui n'a au final rien d'exceptionnel. D'autant plus qu'un centre commercial s'est glissé sous ses pattes ce qui fait qu'on ne peut pas la voir d'en-dessous. Et comme il est hors de question de payer pour monter et avoir une vue moins bonne que celle que nous avions eu à Shinjuku, sans pouvoir voir la Tokyo Tower illuminée percer l'horizon pour la bonne raison qu'on est dessus, eh bien on fait les même photos que tout le monde puis on se tire !



Ensuite Ryuuji a eu la gentillesse de nous emmener (avec Alexis et Chisako) sur la péninsule d'Izu à plusieurs heures de voiture de là. Baignade à la plage, Onsen pour se dé-saler puis Hanabi (avec des tirs à fleurs d'eau du plus bel effet) et enfin un bon buffet de grillades à volonté ! MIAM ! Merci encore Ryuuji !




Nous en arrivons maintenant à une activité un peu plus culturelle et bien plus enrichissante. Nous avons en effet eu la chance de visiter une université bouddhiste. Pour tout vous dire c'est par la proprio plus qu'aimable d'un ami (dit "rejisu-sama" pour les intimes) que cette aubaine s'est présentée à nous. Cette charmante dame a décidé de prendre de son temps pour éduquer les gaijins que nous sommes. Direction Tachikawa pour visiter l'université dont elle suit les enseignements et découvrir avec elle les fondements du bouddhisme.

Nous la retrouvons à la sortie du métro, alors que nous nous délections d'un spectacle de rue ou des protagoniste masqués (masque que je sais maintenant célèbre et symbole d'un homme laid) jouent au tennis avec des éventails et leurs crottes de nez O_o. Une petite troupe joyeuse se charge de la musique en arrière plan.



Nous allons prendre le bus pour rejoindre l'université mais déjà nous questionnons notre bienfaitrice en quête de savoir. Première chose qui viendra ébranler ce que je pensais savoir : la réincarnation n'est pas pour tout le monde. Et qui plus est ce n'est pas quelque chose de forcément recherché. Elle nous informe par exemple que les moines ayant atteint des niveaux d'illumination plus élevés refusent pour la plupart de se réincarner. Quant à ces niveaux d'illuminations ils sont liés au degrés de méditation dont est capable le disciple. Et suivant le niveau, diverses posture et positions de mains sont autorisées (ça c'est pour ceux qui comme moi se demandaient d'où sortaient ces signes différents à chaque statue : non ce n'est pas pour les sourd et malentendants...)

Nous accédons enfin à l'université. Excusez dès à présent le manque de photo mais comme dans la plupart des temples, les appareils sont proscrits. Pour ce qui est du bâtiment il est étonnamment moderne. Jugez par vous-même :




Décidément chanceux jusqu'au bout nous arrivons au milieu d'une répétition de danse, accueillis par des mascottes toutes pelucheuse. Tout d'abord déboussolés de voir des mascottes toutes droit sorties de Dysneyland façon "La belle et le bonze" ou "Le moine au temple dormant", nous nous rappelons être au Japon et soudain tout reprend son sens. "Chii~zu", c'est dans la boîte, admirons maintenant le ballet tournoyant qui s'offre à nos yeux (cliquez sur les vignettes pour accéder aux vidéos de la danse et si votre connexion n'est pas trop ridicule je recommande de visionner en haute qualité):




Il est temps de pénétrer dans le temple. Des chaussettes sont fournies à ceux qui n'en ont pas car les chaussures sont interdites dans l'enceinte. L'intérieur est à l'image de l'extérieur : design moderne, escalators et ambiance... apaisante. Une moquette de grande qualité assure le confort de nos petons dépouillés de leurs semelles et donne envie de se mettre à genoux. Les salles sont vastes et chacune dédiée à une divinité ou personnalité. L'éclairage reste sombre pour faciliter la méditation mais les statues et les ornements sont majestueusement mis en valeurs. Imaginez une vaste salle vide, sol gris foncé, et sur un pan de mur plusieurs statues posées, éclairées et l'air serein vous regardent. Certaines ont un regard enflammé comme celle qui représente le père et son autorité. D'autres sont plus douces tel l'amour de la mère. Mais toujours une atmosphère forçant le respect se dégage de ces lieux. Si bien que nous osons à peine nous approcher ou parler à voix haute. Difficile aussi de ne pas se sentir intrus quand notre guide nous explique la signification des statues sous le regard d'une où deux personnes venues prier.

Seule déception au centre de cette avalanche de nouvelles connaissances : le fait de ne pas avoir droit à une initiation à la méditation. Tant pis, nous pourrons toujours pratiquer par nous même.

Avant de partir, notre bienfaitrice fait un détour pour prier le ciel et la terre.



Sur le retour nous nous arrêtons dans un restaurant pour manger. Tout au long de cette journée, Tatsuko nous aura fait partager sa religion ainsi que sa bonne humeur et sa gentillesse. Ne se privant pas de vanner quelques uns d'entre nous, et d'en complimenter d'autres, elle aura su nous guider en toute simplicité dans ce qui constitue une facette importante du Japon.

Plusieurs mois plus tard, alors que j'étais rentré en France, j'ai eu la joie de recevoir un mail de Tatsuko. Le jour de notre visite j'avais posé une question dont elle ne connaissais pas la réponse. Ainsi commençait-elle : "Ça m'a pris du temps pour me renseigner mais voici la réponse à votre question"... Ces Japonais m'impressionneront toujours par leur serviabilité et leur gentillesse... =)

Pour cela et et pour le reste, je la remercie à nouveau.




Pour finir en beauté le séjour de Céline, nous avons fini par une session purikura avec Remi que nous avions rencontré à une soirée et qui avait tenu à nous le faire découvrir. Pour faire simple le purikura c'est un photomaton évolué et surtout FUN ! Vous n'avez que quelques secondes pour choisir des scènes qui viendront agrémenter l'arrière plan de vos photos, puis une fois la sélection faites, vous devez enchaîner les poses, celles qui vous passent par la têtes car là encore le compte à rebours est très rapide et ne vous donne que peu de marge. Passé cette période de stress, vous pouvez prendre votre temps pour décorer vos photos à l'aide d'un stylo. Arc-en-ciel, étoiles et papillons, écritures manuscrite et petits bonshommes, grosses lunettes et moustaches : tout est fourni pour rendre votre photo plus kawai que hello kitty en personne. Au passage la machine vous fait une peau lisse et des yeux pétillants si bien que le bébé de la pub pampers, recruté parmi mille, donnera l'impression d'avoir une peau d'ado en plein crise d'acnée à coté de vous ! Ça parraît crétin, surtout au vu des photos format timbre poste que cela produit, mais on s'amuse et ça décore à merveille un agenda !



Une dernière fête à la guesthouse et demain avant de retourner au travail, il faudra raccompagner ma chère et tendre à l'aéroport de Narita... Que ces 5 semaines seront passé vite =/... Sayonara !





Pour les albums, il y en a trop alors pour une fois je vous laisserais fouiller ici !